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Les machines à sous clandestines, jackpot pour le grand banditisme !

Yannick Martial 9 juillet 2016 - 09:33:09
Les machines à sous clandestines, jackpot pour le grand banditisme !

Parmi tous les jeux de casino existant, les machines à sous sont particulièrement appréciées puisqu’elles ne nécessitent aucun savoir-faire particulier et l’impression d’argent facile pour le joueur est omniprésente. Les couleurs et les thèmes sont aussi nombreux que variés et les animations extrêmement réussies font que l’on dépense volontiers son argent pour passer du bon temps en n’ayant pas forcément besoin de réfléchir. Cet engouement du grand public attire forcément les convoitises du business souterrain et criminel. Les démantèlements de réseaux de machines à sous clandestines ou l’arrestation de responsable de tels commerces font aujourd’hui régulièrement la une de l’actualité.

Un marché juteux et en plein essor… mais illégal !

Le jeu clandestin ne date pas d’aujourd’hui. Depuis les années 1970, les gangsters ont compris tout l’intérêt des tripots clandestins. Le nombre d’établissements illégaux qui ouvrent leurs portes est en pleine croissance depuis 25 ans. Ils sont, bien entendu, sous surveillance, grâce à divers services secrets et avec l’aide de la police locale. Le but étant de surveiller, tapi dans l’ombre et de dénicher les gros poissons du réseau en tenant ces tripots à vue. Cette stratégie est plus payante pour les forces de l’ordre que celle de fermer chaque établissement clandestin, puisque ce type de commerce est comme une hydre, c’est-à-dire que dès qu’une tête tombe, une autre repousse. Le ministère de l’Intérieur est ainsi mis au courant de la situation actuelle grâce à des rapports hebdomadaires.

Où se situent les machines à sous incriminées ?

« Les véritables casinos qui ont pignon sur rue sont agréés […] Les tripots, eux, n’ont pas de règle, et peuvent se permettre des profits phénoménaux sur des machines truquées. »

De manière traditionnelle, les trafics en tous genres se situent plutôt à Paris ou dans le sud de la France. Sans tomber dans les clichés, les villes les plus sensibles à la criminalité sur la Côte d’Azur sont un véritable eldorado pour le grand banditisme, d’autant plus avec la proximité de tous les casinos physiques qui ne peuvent faire face à cette concurrence déloyale, où les lois sont celles de la rue.

Les véritables casinos qui ont pignon sur rue sont agréés et se doivent de respecter un certain nombre de lois en accord avec les prérequis de l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne). Les tripots, eux, n’ont pas de règle, et peuvent se permettre des profits phénoménaux sur des machines truquées. Aujourd’hui, une nouvelle criminalité est en émergence dans le Nord de la France. Par exemple, un réseau de fausses bornes d’arcade a été démantelé le 13 juin dernier à Lille et à Roubaix. Au total, ce sont une vingtaine de personnes qui ont été interpellées et une centaine de machines qui a été saisie. L’enquête est en cours pour déterminer les tenants et les aboutissants de cette affaire.

Dans chacun de ces établissements, d’abord tout à fait normaux, comme des cafés, des salons de thé ou des snack-bars, une salle cachée donnait sur des bornes d’arcades et des machines de paris illégaux. Un simple bouton sur les jeux dévoilait une machine à sous ou des jeux de roulette. Les autorités ont également trouvé une énorme somme d’argent liquide. D’après le travail préliminaire de l’enquête, les gains estimés (bien entendu nets d’impôts) seraient de 5 000€ mensuels par machine. On vous laisse faire le calcul, mais on comprend que c’est une activité facile et plus que lucrative !

Comment fonctionnent ces jeux clandestins ?

Comme on l’a aperçu plus haut, ce sont souvent des lieux comme des cafés, des bars ou des snacks qui hébergent ces jeux. Cela peut être des jeux vidéo, des flippers, des bornes d’arcade, parmi plein d’autres. Modifiés sous forme de vidéo-poker ou de bingo, les sommes misées par le joueur sont beaucoup plus conséquentes qu’une simple partie de flipper.

Alors pourquoi accepte-t-il de payer plus ? Parce que les gains potentiels sont beaucoup plus élevés, pardi ! En cas de jackpot, le joueur peut recevoir son pactole discrètement dans un coin près des toilettes, directement des mains du responsable de l’établissement. Celui-ci fait également partie du réseau criminel, puisqu’il est complice du délit. Il remet la totalité des mises au caïd du réseau. Évidemment, qui dit banditisme, dit résolution des conflits par le dialogue posé et raisonnable, n’est-ce pas ? Les règlements de comptes sont nombreux et peuvent prendre la forme d’expéditions punitives, la violence inouïe des réseaux du sud étant malheureusement réputée.

Dans l’affaire de Lille et de Roubaix mi-juin, ce sont ces débordements, provoqués par des jalousies entre les cafetiers, qui ont déclenché la prise d’Action de la police, pour éviter toute aggravation de la situation. On estime à 200 millions d’euros la perte sèche du fisc sur ce type de trafic.

Alors, faut-il légaliser ces activités pour éviter la violence ?

Ce monde est très opaque, ce qui ne facilite en rien la tâche des autorités chargées de lutter contre la criminalité au quotidien. Les dénonciations sont rares. L’observation des lieux suspects et la réunion d’éléments suffisants pour pouvoir arrêter les responsables des différents trafics sont chronophages et pas toujours garanties. La violence engendrée par ce genre de trafic a amené le lobby des cafetiers à proposer l’autorisation d’exploiter des machines à sous récréatives et bridées dans les bars pour faire face aux jeux de hasard clandestins, très dangereux. Le sénateur Nicolas About a déjà émis cette suggestion il y a 15 ans, avec l’idée d’agréer la fabrication de ces bandits-manchots légaux qui seraient, dans le plan, située dans des périmètres hors établissements scolaires ou de santé. Ces jeux seraient toujours interdits aux mineurs, comme la loi le prévoit. L’Union des Métiers et de l’Industrie de l’Hôtellerie (UMIH) appuie vivement ce projet.

Pourquoi ne pas installer des machines à sous légales et virtuelles dans les bars ?

Si vous n’êtes pas inscrit sur un casino en ligne, vous avez quand même déjà essayé une machine à sous virtuelle, n’est-ce pas ? Il existe des modes fun, autrement dit vous bénéficiez de crédits fictifs et vous pouvez jouer en ligne sans débourser un centime. Bien entendu, ce mode « fun » porte bien son nom. Vous vous amusez, mais vous n’aurez pas de gains si le jackpot s’active. Pour les responsables d’établissements, il leur suffirait de plusieurs ordinateurs et d’un réseau wifi stable, l’investissement est relativement minime pour le bénéfice indirect qu’il peut recevoir de ces machines à sous légales. Le seul frein à cette idée est que le monde du casino en ligne est encore très flou et légiféré de manière assez rigide, ce qui dissuade encore les Français à jouer en ligne. Une autre idée pourrait être qu’à la manière des cafés-PMU, l’UMIH et l’ARJEL trouvent un compromis pour que les activités de jeux soient légalisées et que les bénéfices soient imposables afin de contenter aussi bien les joueurs, que les cafetiers, ainsi que les autorités.

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