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La récession économique frappe l’industrie des jeux en ligne aux Etats-Unis

23 août 2009 - 08:53:19
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Les législateurs de 14 états américains ont reconsidérés le besoin d’étendre les activités de jeux en ligne.

C’est dans un article fort intéressant du Wall Street Journal qu’est dénoncé l’impact de plus en plus fort de la récession sur l’industrie des jeux en ligne en sol américain. Parallèlement, l’article décrit les stratégies de chacun de ces états pour lutter contre la baisse de profit qui en découle. Néanmoins, l’article ne mentionne étrangement pas des thèmes tels que la légalisation des jeux en ligne et sa contribution potentielle dans la remontée de l’économie américaine.

L’auteur de l’article, M. Conor Dougherty a insisté sur le fait que les recettes fiscales provenant des casinos, machines à sous et autres jeux de loterie ont chuté pour la toute première fois dans bon nombre des 48 états américains qui ont l’industrie du jeu comme principale source de revenu. Citant des statistiques relevées par l’American Gaming Association, il révèle également que les revenus des casinos locaux et fédéraux avaient baissés de 2,2 pourcents en 2008, soit la somme de 5,7 milliards de dollars. Malheureusement, cette baisse s’est accentuée dans de nombreux états.

« Huit des douze états qui ont légalisé les activités de casinos commerciaux ont vu leurs revenus chuter à la fin du mois de juin 2009, contrairement à l’an dernier où cette période était florissante pour l’industrie des jeux en ligne », telle est l’affirmation rapportée dans le Wall Street Journal, qui cite des données provenant de l’état et de l’Institut du Gouvernement auprès de l’Université de New York.

Dans cinq de ces états, notamment l’Illinois et le Nevada, les recettes fiscales correspondant au marché des jeux a complètement chuté, laissant découvrir un pourcentage nettement inférieures aux attentes du gouvernement fédéral, voir même bien au-dessous des recettes globales de l’état. Les recettes fiscales de l’état du Nevada ont baissé de 15 pourcents pour l’année 2009. Cela a eu pour conséquence une chute de 10 pourcents sur les recettes fiscales moyennes de l’état.

Les retombées sont énormes, même les jeux de loterie de plus de 20 états dont la Californie et l’Illinois ont enregistré des baisses flagrantes de leur profit.

Un tel déclin financier a très vite mis sur le qui-vive des états dont l’accroissement des recettes de l’industrie des jeux en ligne était devenu une habitude. Dans le passé, ces mêmes états avaient vu leurs parts de marché augmenter de 65 pourcents pour l’année fiscale de 1998, atteignant même un profit global net de 23,9 milliards de dollars en 2008. Les recettes fiscales globales de l’état avaient même atteints les 774 milliards de dollars, soit une hausse de 65 pourcents.

Les principales raisons de cette baisse des recettes sont la vulnérabilité de l’économie actuelle, les conséquences de la récession sur le marché des jeux en ligne qui sont une baisse des coûts et la réticence de certains joueurs à plus dépenser pour jouer (coûts du déplacement, de la participation à certains jeux…etc.), la compétitivité de plus en plus forte d’un tel marché qui tend à voir ses recettes diminuer progressivement. De plus, comme l’industrie des jeux en ligne est en péril, les ventes ont logiquement baissé : pour payer les multiples taxes et impôts exigées par le gouvernement, les états fédéraux ont du pioché dans leurs maigres économies pour éviter d’être endettés.

« Les recettes qu’apporte l’industrie des jeux en ligne sont en chute libre partout dans le pays et les états ne peuvent plus compter sur ce genre de secteur d’activité pour combler les dépenses accumulées », explique Lucy Dadayan, une spécialiste dans l’étude de problèmes politiques de l’institut de Rockefeller.

Cet extrait du Wall Street Journal démontre aussi à quel point la survie de certains états dépend des recettes provenant du jeu. Dans le Nevada, à peu près 30 pourcents des fonds sont issus de l’industrie du jeu alors que dans l’état de Delaware il représente tout de même 8 pourcents. Les états de Utah et d’Hawaii sont les seuls à ne pas avoir légalisé ces activités de divertissement qui rapportent de l’argent.

En règle générale, les revenus provenant du marché du jeu –qui incluent d’ailleurs la loterie nationale et les taxes sur les revenus de casinos commerciaux- augmentent de manière partielle par rapport au budget global du pays. Bien que chaque état collecte et distribue l’argent à sa façon, l’industrie du jeu a souvent aidé les états à étendre leur budget pour développer d’autres secteurs tels que l’éducation mais permettait aussi de réduire certaines taxes touchant directement la population : c’est par exemple le cas de la taxe d’habitation.

Les casinos commerciaux américains ont vu leurs revenus s’écrouler de 5 pourcents : soit la perte de 33 milliards de dollars en comparaison à l’année précédente. Les chiffres ne prennent pas en compte les casinos d’origine amérindienne.

La concurrence que se font les états frontaliers a notamment contribué à une baisse de la devise américaine, explique l’auteur de l’article. Le New Jersey, surnommée la cité de l’atlantique qui est aussi le second état du jeu aux Etats-Unis après l’état du Nevada a par exemple été touché de plein fouet par la concurrence pennsylvanienne qui a ajouté pendant les années précédente un bon millier de machines à sous dans ses casinos. La part de marché du New Jersey a baissé de 14 pourcents pendant l’année fiscale qui s’est terminée en juin.

« Les casinos commerciaux font aussi la guerre au nombre grandissant de casinos amérindiens qui sont maintenant présents dans 28 états américains », relate M. Dougherty. « Les casinos de ce type de tribus ne payent pas de taxes étant donné que plusieurs états ont acceptés de leur payer une part du revenu de leurs casinos ».

« Les revenus des 405 casinos de tribus amérindiennes dénombrées par la National Indian Gaming Commission ont augmenté quant à eux de 2,3 pourcents soit un apport de 26,7 milliards de dollars pendant l’année fiscale 2008 comparé aux 26,1 milliards de dollars accumulés lors de l’année fiscale précédente.

M. Rick Mazer, le président régionale des casinos Harrah’s Horseshoe, a commenté la réduction des niveaux salariaux sur les machines à sous et a expliqué au journaliste du Wall Street Journal que « les gens ont peur. Ils s’inquiètent par rapport à leur budget et leur retraite. Même si des fois leurs impôts sur le revenu n’a jamais changé, leur vision de la richesse et de l’économie en général n’est plus la même ».

Les villes qui ont su faire face au problème incluent Chester, dans l’état de la Pennsylvanie, où les revenus de l’industrie du jeu ont permis à la ville d’équilibrer son budget et de mettre en place un fonds en prévention à la récession. « Cette année 30 pourcents des 41,2 millions de dollars de budget dont la ville dispose proviennent des machines à sous du casino Harrah’s. C’est presque le même budget que celui de la police de notre ville ».

« Si Harrah’s ne s’était pas implanté dans la ville, nous serions dans une situation difficile », raconte M. Thomas Moore, chef d’équipe auprès du maire de Chester, M. Wendell N. Butler Junior.

La conférence nationale organisée pour planifier des législatures d’état a vu au moins 14 de ses membres décider d’une alternative pour ne pas augmenter la taxe d’habitation et l’impôt sur le revenu. En effet, l’idée première était de se concentrer sur l’industrie du jeu comme une éventuelle échappatoire. Les machines à sous et autres jeux de hasard sont une solution à explorer.

En Pennsylvanie, là où la taxe sur les jeux de hasard a augmenté depuis l’introduction de machines à sous il y a quelques années de cela, le représentant d’état, M. Bill DeWeese a négocié un contrat avec une firme réputée pour ajouter des tables de blackjack et de jeux de dés dans les salles ne contenant traditionnellement que des machines à sous. Avec un déficit budgétaire de 3 milliards de dollars, plusieurs législateurs refusent d’augmenter encore une fois les taxes et pensent, comme DeWeese, que l’industrie du jeu est peut-être celui qui sauvera le pays de la crise. « Cela pourrait représentait une aide financière non négligeable par rapport à la période difficile que traverse notre état actuellement ». « Pour moi, il n’y a aucune différence entre miser 20 dollars dans une machine à sous et poser 20 dollars sur une table de blackjack ».

Cependant, comme les revenus baissent malgré le marché du jeu, le Nevada n’a pas d’autre choix que de trouver une autre solution. Pour restreindre au maximum son budget, les législateurs du même état ont voté pour l’augmentation des ventes et un meilleur traitement des salaires.

De plus, l’éventualité de la légalisation d’un réseau de jeu en ligne aux Etats-Unis -comme elle a été envisagée par le député Barney Frank- pourrait s’avérer payante.

Lors d’une étude indépendante initiée en septembre de l’année dernière, la groupe de conseil financier PcirewaterhouseCoopers a estimé à 51,9 milliards de dollars le revenu global net que pourraient réaliser les Etats-Unis s’ils venaient à légaliser les jeux d’argent en ligne sur leur territoire.

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