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L’AFJEL pète une durite et exige une modification express de la loi en France !

Melissa Herrera 11 juin 2015 - 14:49:26
L’AFJEL pète une durite et exige une modification express de la loi en France !

Cela fait cinq ans que ça dure. Cinq ans d’immobilisme durant lesquels le gouvernement a fait le sourd d’oreille. Malgré ses nombreuses tentatives, l’AFJEL (Association Française du Jeu en Ligne), sorte de confrérie réunissant l’ensemble des opérateurs de jeux qui en ont ras le bol, n’a jamais réussi à obtenir gain de cause. L’inévitable est donc arrivé : l’AFJEL a littéralement pété un câble et adressé un énième courrier aux quelques responsables politiques sourdingues, cette fois sous fond de menace. Bon, d’accord, nous vous le concédons, nous exagérons peut-être un peu mais Stéphane Courbit – PDG de Betclic – et ses petits copains de chez France-Pari, ZEturf, NetBet Casino et Unibet Casino ont sûrement raison de rouspéter.

Il y a du bon… mais surtout du moins bon !

L’AFJEL, organisme représentant les opérateurs de jeux de hasard sur internet en France, se lamente depuis toujours de la rigidité du gouvernement, qui n’a jamais eu la jugeote de procéder à une révision de la loi depuis la régulation du secteur des jeux d’argent en ligne en juin 2010. Pourtant, l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne) – malgré la ressemblance de leur sigle les deux institutions ne sont pas copines –, n’a pas totalement failli dans sa redoutable mission. En effet, après cinq années d’exercice, cette dernière a apporté des solutions miraculeuses aux joueurs souffrant de dépendance, a assuré l’intégrité et la transparence des événements liés au jeu, a combattu avec courage le blanchiment d’argent et les fraudes. Pourtant, un problème subsiste toujours et n’est pas prêt d’empêcher l’AFJEL de se tirer les cheveux ! A ce rythme-là, elle va même bientôt finir chauve : quid des taxes, impôts, lourdes charges auxquels les opérateurs iGaming sont confrontés dans notre beau pays ?

« Chouchoutées comme des bébés, les sociétés d’état possèdent un avantage certain sur leurs rivaux. Faites combattre un poussin et un rhinocéros dans une arène et vous verrez rapidement qui sera le vainqueur ! »

Eh oui, de telles contraintes financières empêchent les acteurs du jeu de s’épanouir dans les secteurs du poker en ligne et des paris sportifs. Par ailleurs, le monopole de la FdJ via ses filiales est d’une stupidité déconcertante. Dans le domaine des paris hippiques, le PMU (vous savez, les petits chevaux tous verts) totalisent près de 85% de parts de marché ! L’AFJEL reproche donc au gouvernement de favoriser la concurrence déloyale. Chouchoutées comme des bébés, les sociétés d’état possèdent un avantage certain sur leurs rivaux. Faites combattre un poussin et un rhinocéros dans une arène et vous verrez rapidement qui sera le vainqueur ! « La situation du marché des jeux de hasard en ligne en France est très fragile et l’avenir de ses opérateurs est plus qu’incertain », appuie Stéphane Courbit, avec des mots élégamment tournés.

Le marché français, mal-aimé de l’histoire

evolution jeu argent franceTableau en Anglais, et alors ? Le succès des paris en ligne est mitigé en France.

Le marché français est le plus inintéressant de toute l’Europe. Au niveau des demandes de licence, ce n’est pas la rue, loin de là. En réalité, c’est plutôt le calme plat. Et cela n’a rien d’étonnant : les opérateurs iGaming sont taxés à hauteur de 46% de leurs revenus bruts dans l’hexagone. Au Danemark, seulement 20% de leurs recettes sont imposables ! En Angleterre, on fait encore mieux avec un taux d’imposition de 15%, et que dire de nos amis belges et leur contribution riquiqui de 11% !

Autre élément hautement discriminatoire : les jeux de casino en ligne ne sont toujours pas considérés comme légaux en France alors que la Commission Européenne a déjà été très claire à ce sujet. L’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre les ont déjà adopté. Alors pourquoi pas nous? Peut-être à cause de notre mentalité arriérée de Gaulois. Ou de notre vision totalement biaisée en matière de jeux d’argent sur internet…

Finalement, Nicolas Béraud a bien eu raison de quitter Betclic en 2011. Le plus précoce des entrepreneurs français, également grand visionnaire de l’industrie du numérique, a vite compris que le marché iGaming français ne serait que poussière. Après avoir revendu Sport4fun à Lagardère et cédé Betclic à Stéphane Courbit dans la foulée, ce dernier a mis au point ce qui est aujourd’hui le leader français du jeu multi-joueurs sur mobile : Triple Fun. Il a également récolté 85 millions d’euros au passage. Et si le succès se trouvait ailleurs que dans les jeux d’argent ?

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