Casino News

Le Canada en faveur des opérateurs de jeux de casino offshore

Edouard Lopez 10 mars 2012 - 13:57:01
Le Canada en faveur des opérateurs de jeux de casino offshore

La semaine dernière, l’acte d’accusation formulé à l’encontre de M. Calvin Ayre, le milliardaire fondateur de la marque Bodog.com, a assez largement marqué les esprits dans son pays natal, le Canada. En effet, alors que les États-Unis ont dû prendre des mesures extrêmes pour bloquer le site de jeux de casino hébergé à l’étranger, pourquoi donc le Canada fait-il aujourd’hui preuve d’autant de tolérance ?

Une loi sur les jeux de casino en ligne très vague

Au Canada, seuls les états provinciaux ont l’autorisation d’offrir des jeux d’argent sur Internet. En réalité, le nombre d’opérateurs proposant leurs services sur le web est très faible. Malgré cela, pas loin de 2 000 sites de casino et de poker en ligne offshores sont accessibles par les joueurs canadiens. La plupart de ces plateformes de jeux illégales ont pour clientèle prioritaire les parieurs canadiens. Ces dernières réalisent près de 85% de leur chiffre d’affaires grâce aux joueurs canadiens mais ne reversent aucun impôt au gouvernement canadien. Au total, ce serait un profit total de près de 4 milliards de dollars qui serait réalisé par l’ensemble des opérateurs illégaux offrant leurs divertissements aux consommateurs canadiens.

« Au total, ce serait un profit total de près de 4 milliards de dollars qui serait réalisé par l’ensemble des opérateurs illégaux offrant leurs divertissements aux consommateurs canadiens ».

Afin de répondre à la question de la tolérance excessive adoptée par le gouvernement canadien, le journal local Vancouver Sun a publié dernièrement un article en tentant de résoudre ce grand mystère. Selon le journal, la loi canadienne serait tellement ambiguë que les opérateurs illégaux ne pourraient même pas être jugés à l’heure actuelle. Par ailleurs, le Vancouver Sun constate également que le problème des jeux d’argent en ligne n’est pas prioritaire aux yeux du gouvernement.

Un état d’esprit, une vision différente

Un autre élément de réponse est l’importance que prend le débat sur les jeux d’argent en ligne aux Etats-Unis. Alors qu’en Amérique, on est soit complètement en faveur des jeux de casino ou ligne soit véhément à l’idée de les voir être un jour libéralisés, au Canada, il n’y a pas eu de tollé public à l’encontre des activités de gambling. Le seul organisme qui semble mécontent par rapport aux jeux d’argent sur le web est la Canadian Gaming Commission. Pour son vice-président, M. Paul Burns, il n’y a pas trente-six solutions possibles : « Soit on met en l’application la loi existante et on la respecte à la lettre, soit on crée un cadre dans lequel les sites offshores seront régulés. Au Canada, on ne fait visiblement rien des deux », ironise-t-il.

Il faut dire qu’au Canada, les difficultés sont avant tout d’ordre pratique. Exercer une juridiction alors que les opérateurs se sont délocalisés à l’étranger pose problème. Par ailleurs, comment pénaliser les parieurs canadiens alors qu’ils jouent dans le confort de leur propre maison ?

Cet article vous a plu ?
Faites-le savoir !